SORTIES DE ROUTE
Et ce ne sont certainement pas les sorties de route récentes (cessation d'activités d'Ecodis, faillite d'Archimède) ou plus anciennes (faillite de Val Saint Lambert International, difficultés de Propharex, De Rouck ou 5ème Saison, entre autres) qui vont les y ramener.
De nouvelles pistes sont explorées, comme celle de la cotation directe par l'intermédiaire SCF (lire ci-dessous).
PROXIMEDIA AUSSI À PARIS ?
Mécontent de l'évolution amorphe du cours de Proximedia, qui figure parmi les meilleurs élèves du Marché libre, son patron Fabrice Wuyts a révélé, ce vendredi, lors de l'assemblée générale, mener actuellement une réflexion sur la pertinence d'un transfert vers Alternext, en double cotation à Bruxelles et Paris.
«Nous ne sommes peut-être pas encore assez mûrs, en termes de taille ou de capacité financière, pour faire le pas vers le marché réglementé, et Alternext Brussels n'est pas forcément plus dynamique que le Marché libre. En revanche, une cotation à Paris nous offrirait la possibilité d'attirer des investisseurs institutionnels. Mais pour cela, il faudrait élargir le 'flottant'jusqu'à au moins 20 %, or sauf grosse acquisition, nous n'avons pas besoin de lever des capitaux. Si la transaction se fait, elle passera peut-être par une cession de la part des actionnaires historiques », a expliqué le dirigeant.
GoMotors ira se faire coter à Paris, «où cela bouge»
Au grand dam d'une société comme Small Caps Finance (SCF), qui a piloté la majorité des introductions de PME sur le Marché libre bruxellois, la crise semble avoir fait passer au particulier le goût des offres publiques initiales (IPO). « Lors de nos deux dernières opérations, Antigoon Invest et Auriga, nous avons constaté que l'épargne publique belge est traumatisée et qu'elle risque de le rester encore un moment. Ces deux-là ont pu être plus ou moins sauvées grâce aux portages réalisés par des investisseurs privés souhaitant investir à terme dans le fonds SCF en cours de constitution », précise Bernard Ruzziconi, le patron de SCF.
Une nouvelle stratégie
Mais le voici de retour avec de nouveaux dossiers, dont le distributeur de scooters GoMotors (lire nos informations en page 10), et une nouvelle stratégie qui prend le contre-pied de la situation actuelle. « Nous allons provisoirement nous rabattre, pour nos prochaines transactions de ce type, sur une formule alternative, celle de la cotation directe, qui permet de contourner la difficulté en ne s'adressant qu'à des candidats investisseurs privés et professionnels disposés à débourser des tickets d'entrée d'au moins 50 000 euros », commente-t-il. Cette option présente selon lui un avantage non négligeable : dès lors que l'on s'adresse à des investisseurs « grand format », il ne voit plus de raison de « consacrer une somme non négligeable d'efforts et de perdre six mois pour aller chercher auprès de la CBFA l'approbation du prospectus, étape incontournable pour faire appel public à l'épargne, alors qu'il n'y a plus que les investisseurs professionnels ou qualifiés qui s'intéressent aux PME ». « Autant passer par le système de cotation directe en vigueur à Paris », plaide-t-il. Car Euronext Brussels ne veut pas de système, ce que Ruzziconi déplore. « La frilosité née de la crise financière incite plutôt à aller vers plus de réglementation. C'est paradoxal, car l'excès de réglementation approbations, mise aux normes IFRS, adéquation à Bâle I, à Bâle II etc sur nos marchés réglementés n'a pourtant pas empêché la plus grande crise financière que l'on ait jamais connue », relève-t-il. Et il embraie : « Il est triste de constater qu'aujourd'hui, Euronext Brussels ne réagit plus, alors qu'il est justement temps de se remettre en question et qu'à Paris, ça bouge ».
Pas de souci en France
Bernard Ruzziconi relève d'ailleurs le fait que les PME françaises n'ont pas de souci pour lever des capitaux, grâce aux nouveaux mécanismes de défiscalisation imaginés par l'État, comme le holding ISF (avec des économies jusqu'à 50 000 euros réalisables par le truchement de l'impôt sur les grosses fortunes en cas d'investissement dans le capital d'une PME).
Fabian Lacasse

















