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Le studio Cotoon assurera l'animation du Marché libre
24/04/2008  – L'Echo 24/04/08

Le studio d'animation liégeois Cotoon a le vent en poupe. Cette PME qui assumera une bonne part du travail de création d'images du futur dessin animé « Bob et Bobette, les Diables du Texas » compte faire son entrée sur le Marché libre d'ici l'automne ou la fin de l'année. Sur la base d'une valorisation pré-IPO de quelque 3 millions d'euros, la société voudrait récolter un million d'euros en ouvrant 25 % de son capital au public.

Cette PME impliquée dans la production de Bob et Bobette est «la» société qui monte à Liège.

Le studio d'animation Cotoon est la PME qui «monte» en région liégeoise. Encore mise en exergue tout récemment lors de la présentation du futur dessin animé «Bob et Bobette, les Diables du Texas», pour lequel elle assumera environ 70% de la création d'images, la firme ansoise se retrouve à nouveau aujourd'hui sous le feu des projecteurs, financiers ceux-là, puisque son patron, Laurent Simon, vient de confier à l'intermédiaire Small Caps Finance (SCF) le soin de préparer son introduction sur le Marché libre bruxellois. En principe, l'offre publique initiale interviendrait dans le courant du troisième trimestre, pour une première cotation avant la fin de l'année.

En tant que jeune cadre, Simon vécut en direct, fin 2001, la déconfiture de Neuroplanet, un spécialiste des technologies associées au dessin animé qu'un projet boursier avait conduit à la démesure.

L'année suivante, il fonde sa propre entreprise, en compagnie de son partenaire Jean-Paul Bastin. «Au départ, nous manquions évidemment de fonds pour nous positionner sur des contrats significatifs. Le 'tax shelter' n'existait pas. Nous avons donc exploré toutes les veines de l'imagerie technique qui s'offraient à nous, sans négliger le multimédia (bornes interactives, internet…). L'objectif était clairement d'exploiter tous les filons possibles pour réinvestir ensuite nos marges dans l'acquisition de matériel de production en 3D», se souvient-il.

La chance de Cotoon se présente sous la forme d'une implication dans la rénovation du Futuroscope de Poitiers. «La notoriété qui en a découlé nous a ouvert des portes.»

Les voilà en Laponie ou au Mexique. D'abord limités à de très courts métrages, les projets sur lesquels ils travaillent s'allongent. L'avènement du tax shelter, en 2004, puis sa confirmation en tant que système fiable en 2005 «boostent» les studios comme Cotoon.

«De deux plus quelques freelances au départ, nous nous retrouvons aujourd'hui à 55 collaborateurs, dont 60% disposent de contrats à durée indéterminée», précise-t-il.

De fait, après avoir collaboré, pour les effets spéciaux, certains décors et le nettoyage d'images, au film «Max & Co», sorti en février dernier, la firme liégeoise enchaîne les projets d'envergure. Elle est partie prenante dans «Bob et Bobette, les Diables du Texas». Puis «Zip & Saxo», une série pour la télévision, ou encore «Le Chat Botté».

«Notre rôle varie d'un projet à l'autre. Dans Bob et Bobette, le plus important à nos yeux, nous bénéficions d'un budget de 2,3 millions d'euros sur un total de 8,7 millions. A cela s'ajoutent nos droits sur les recettes futures du film (cinéma et DVD), droits qui correspondent à notre quote-part d'apport en industrie», complète-t-il.

Tout irait bien pour Cotoon si la main-d'œuvre qualifiée n'était si délicate à recruter. «L'arrivée du tax shelter a contribué à déséquilibrer une équation stable jusque-là. Mais nous oeuvrons étroitement avec les écoles, par le biais de stages ou de prêt de matériel sophistiqué, pour y remédier.»

Pourquoi la Bourse?
En 2007, Cotoon a enregistré un bénéfice imposable de 0,1 million d'euros pour un chiffre d'affaires en hausse de 180%, à 2,25 millions. Historiquement rentable sauf en 2006 à cause d'un amortissement exceptionnel, il vise des revenus de 3 millions d'euros en 2008, puis de 4 millions en 2009, avec un profit imposable compris entre 0,35 et 0,4 million.

«A ce stade encore très précoce, indique Bernard Ruzziconi, le patron de SCF, nous avons convenu de viser l'ouverture de capital au public en automne prochain. Sur base d'une valorisation pré-IPO de 3 millions d'euros, il s'agirait de lever un million d'euros de capitaux frais, soit un flottant de 25%. Dans ce scénario, la première cotation sur le Marché libre pourrait intervenir avant la fin de l'année.»

Les motivations du projet boursier? Simon et son conseil d'administration entendent doter l'entreprise d'une dimension qui lui permettra d'accepter à l'avenir des missions plus ambitieuses et de rendre la structure technique indépendante d'un seul projet. Ils veulent aussi s'assurer plus de présence dans la production, du moins au niveau wallon.

La Bourse autoriserait également Cotoon à s'immiscer plus tôt dans certains projets, tandis que le supplément de notoriété serait le bienvenu pour convaincre des investisseurs «tax shelter».

Fabian Lacasse