Las, la réalité s'est avérée toute autre pour cette entreprise gembloutoise spécialisée dans la géomatique : au lieu des 4,1 millions et 0,31 million d'euros escomptés, respectivement au titre de chiffre d'affaires et de bénéfice net, ce sont des revenus de 2,45 millions d'euros et une perte «comprise entre 0,1 et 0,12 million» qui sanctionneront l'exercice écoulé, selon les premières données non auditées.
Ces dernières révèlent encore qu'en tenant compte d'environ 0,5 million d'euros d'encours de production, le total des produits avoisine les 3 millions, et le cash flow s'établit à quelque 0,3 million.
C'est donc plutôt d'un exercice de transition qu'il convient de parler. C'est en tout cas la teneur du message de Jean-François Rossignol, le patron de Sodiplan.
«Ces chiffres bruts dissimulent tout le travail qui a été réalisé l'an dernier pour optimiser notre organisation. Nous avons nous-mêmes sous-estimé le poids d'un saut de croissance comme celui que nous avons connu en 2007, en passant de 20 à 30 collaborateurs. Or, du fait de cette montée en puissance, nous nous inquiétons davantage aujourd'hui de satisfaire une commande que de la décrocher. Mais évidemment, on ne peut mesurer immédiatement ce genre d'efforts» , se défend-il.
Des circonstances atténuantes, il en trouve encore dans le lourd programme d'investissements consenti l'année passée.
«Ce budget a explosé, à 1,2 million d'euros, principalement à cause d'une politique d'embauche agressive et de notre engagement dans la technologie laser. Cela dit, on ne pouvait faire l'impasse sur ce progrès, qui nous permet d'automatiser les processus de traitement des données captées par nos systèmes d'acquisition mobiles, ou SAM», poursuit Rossignol.
Dépendance à la disponibilité des budgets publics
Le troisième élement justificatif de la contre-performance réside dans les sempiternels délais imposés par les clients - principalement les autorités publiques -, tant en matière de commandes que de paiement des factures. Mais il fallait déjà composer avec cet aléa l'année précédente. Alors, catastrophique, 2007 ? Rossignol relativise. «Nonobstant ces chiffres décevants, il est indéniable que la valeur de Sodiplan s'est accrue l'an dernier, que l'on considère les avancées observées dans les domaines du savoir-faire, de la maîtrise des outils ou du développement commercial. A cet égard, nous peaufinons d'ailleurs actuellement les bases de partenariats en Italie et en Allemagne, après l'Autriche et le Portugal l'an dernier. Nos perspectives restent d'ailleurs positives ; simplement, d'un point de vue uniquement basé sur les chiffres, nous accusons un retard de deux ans sur notre plan d'affaires initial», concède-t-il.
Et d'ébaucher des prévisions pour 2008. « Pas mal de dossiers que l'on attendait pour 2007 ne sont pas sortis. Cela et le niveau de commandes actuel suggèrent qu'une croissance significative du chiffre d'affaires est tout-à-fait réaliste. Comme le rythme de nos investissements va parallèlement ralentir, il est raisonnable de tabler sur un retour au bénéfice. Son ampleur dépendra partiellement de la proportion des marges qui sera absorbée par nos dépenses en ressources humaines», conclut Jean-François Rossignol.
Fabian Lacasse


















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