La firme de prêt-à-porter pour enfants Archimède & Cie a fait fort pour son premier exercice fiscal depuis qu'elle a rejoint le Marché libre: une perte nette de 0,65 million d'euros là où un bénéfice de 0,2 million était espéré.
De même, son chiffre d'affaires s'est arrêté à 3,4 millions d'euros, alors qu'il était attendu à 4,6 millions.
Olivier Bottequin, l'un des patrons de l'entreprise de Saintes, plaide coupable: « Nous avons sous-estimé une série de dépenses, tandis que nos projets de développement ont pris plus de temps que prévu à se matérialiser», résume-t-il.
La liste des «surprises» est longue et variée : elle va des créances passées par pertes et profits aux coûts liés à une réorganisation interne ou à la délocalisation d'une partie de la production en Asie et en Afrique, en passant par des déstockages à prix coûtants ou par les frais additionnels d'habillage des nouveaux magasins détenus en propre.
«Tous ces éléments nous ont au bas mot coûté un demi-million d'euros», reconnaît Bottequin.
Le solde de la facture découle de revenus inférieurs aux projections, en raison notamment du retard pris par l'ouverture des nouveaux magasins, mais aussi du fait que ces magasins offrent des surfaces plus petites que ce qui avait été initialement escompté ou, plus simplement, de ventes moindres qu'espéré.
Khéops Finance, l'actionnaire de référence d'Archimède (71% après l'IPO), s'engage à colmater les brèches. «Nous allons recourir à la clause du capital autorisé pour convertir en capital les avances consenties à la société, ce qui reviendra à la recapitaliser à hauteur des pertes encourues, soit 0,65 million d'euros. Gage de notre bonne foi et de notre confiance en l'avenir, cette transaction sera opérée au prix de souscription qui a prévalu lors de l'introduction en Bourse, à savoir 4,20 euros», précise le dirigeant.
Profit warning
Il reste que les actionnaires d'Archimède devront s'armer de patience, car les perspectives pour l'exercice 2007-2008 (clôturé au 30 juin) ne sont pas particulièrement excitantes. Du fait des investissements programmés pour intégrer la marque Bienvenue Sur Terre (lire encadré), Bottequin et ses associés ont revu à la baisse leurs prétentions passées.
«Pour l'exercice courant, nous tablons sur un résultat à l'équilibre pour un chiffre d'affaires de plus de 4 millions d'euros. Ce sera une nouvelle année d'investissements et de développements: Bienvenue Sur Terre va nous coûter sans nous rapporter, puisque les collections qui seront imaginées au cours des prochains mois ne seront pas en magasin avant l'hiver 2008. Pour l'exercice prochain, nous anticipons un bénéfice net de 0,3 million et un chiffre d'affaires de 6 millions d'euros», conclut Bottequin.
Rachat d'une «marque parfaitement complémentaire»
A partir de l'année fiscale prochaine, les collections d'Archimède & Cie s'enrichiront en principe de la marque « Bienvenue Sur Terre». Un protocole d'accord a été récemment conclu en ce sens.
«Il s'agit d'une marque française de prêt-à-porter pour enfants de 0 à 12 ans. Créée il y a douze ans, elle est positionnée dans le moyen/haut-de-gamme et bénéficie d'une présence internationale. Pour nous, l'intérêt majeur de l'alliance réside dans le fait que les articles de cette marque sont parfaitement complémentaires des nôtres, résolument orientés vers les niches 'plage', 'nuit' et vêtements de pluie. En somme, Bienvenue Sur Terre a tout ce qu'on n'a pas», explique Olivier Bottequin, soulignant que les coûts fixes seront identiques, alors que l'on ne recense aucun article commun dans les gammes respectives.
Cette complémentarité est susceptible d'inciter les clients «multimarques» à gonfler leurs commandes.
«C'est une opportunité, car nous avions plutôt prévu d'étoffer notre gamme au fil du temps», poursuit le dirigeant.
Si l'affaire se concrétise, Archimède ne déboursera pas un euro.
«Il est convenu d'offrir aux propriétaires de Bienvenue Sur Terre une participation comprise entre 8% et 12%, soit environ 0,5 million d'euros, sur base du prix de souscription de 4,20 euros par action. En contrepartie, nous recevons une marque qui génère des revenus annuels de l'ordre de 1,2 million d'euros et les vendeurs rejoignent nos rangs. Leur compétence et leur expérience nous seront très utiles», juge-t-il.
Le rapprochement sera en principe opérationnel de manière rétroactive, c'est-à-dire à partir de début septembre.
Mais les premiers effets positifs attendront, car les nouvelles collections faisaient déjà l'objet d'un contrat avec des tiers. Et les suivantes doivent encore être imaginées…
Fabian Lacasse - L'Echo


















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