Quand on lui oppose les dérapages de plusieurs de ses clients, Val Saint Lambert, Archimède, Propharex ou OTC, il pourrait rétorquer Fortis, Dexia, KBC. Mais il se contente de renvoyer aux performances de «son» indice. De fait, globalement, la valeur des PME qu'il a introduites en Bourse affiche toujours une solide progression, là où le Bel 20 est en perdition.
Mais l'assèchement temporaire du segment bruxellois est une réalité. S'il poursuit tant bien que mal les chantiers entamés - depuis les vacances, il a encore piloté les dossiers Cinquième Saison, Antigoon ou Vitalsys, mais la demande peine à suivre -, le patron de Small Caps Finance ne néglige pas de se tourner vers des alternatives. Comme cette alliance conclue avec une société romaine de conseils financiers presqu'homonyme, SCIF (pour: Società Centrale Investimenti Finanziali). «Nous sommes convenus d'un partenariat en vertu duquel SCIF s'engage à générer du volume d'affaires issu de PME italiennes en contrepartie de commissions dont la hauteur dépendra de celle du dossier», révèle-t-il.
Un premier projet est en train de voir le jour, qui sort du spectre défini ci-dessus. En effet, un holding de droit belge baptisé Photonike SA a été constitué, en vue d'englober la société d'exploitation italienne Photonike SRL, dont les actifs s'étendront à une usine romaine à construire, spécialisée dans la fabrication de panneaux photovoltaïques, et à des champs de production d'énergie par voie solaire. Ces derniers seraient implantés sur les toits de PME sises dans le Mezzogiorno italien, où le taux d'ensoleillement « atteint six sur une échelle de sept», selon Ruzziconi ; en contrepartie, ces PME percevraient un loyer générateur de revenus additionnels.
En l'espèce, le projet industriel sera géré en commun avec SCIF. L'actionnariat initial de Photonike est ainsi réparti entre SCF et Fausto Ventriglia, un administrateur de SCIF (chacun 30%), Claudio Marati et Luciano Minerva (chacun 20%). Marati, un expert italo-américain provenant de la Silicon Valley,sera le responsable opérationnel de Photonike ; il a pour mission de faire profiter la société des toutes dernières évolutions technologiques en matière de panneaux solaires. De son côté, Minerva est un industriel de la région de Campanie disposant de solides contacts locaux.
Dans une seconde phase, imminente, Photonike procédera à une augmentation de capital de 2,5 millions d'euros combinée avec une émission d'obligations convertibles d'un montant équivalent. L'offre, qui vise à doter l'entreprise des ressources nécessaires pour financer l'installation et l'équipement de son usine, s'adressera d'abord à des investisseurs qualifiés, avant de s'élargir ensuite vers le public.
A brève échéance en effet, Ruzziconi destine sa pupille au Marché libre bruxellois, voire parisien.
Il vise le premier trimestre 2009, et évoque alors une nouvelle augmentation de capital de l'ordre de 2,5 millions d'euros, pour un programme obligataire plus ambitieux cette fois, de l'ordre de 15 à 20 millions.
Fabian Lacasse

















