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Pour Proximedia, le train de la croissance est un TGV
14/10/2009  – L'Echo 14/10/09
La recette de son patron, Fabrice Wuyts, réside dans l'association entre un modèle commercial original et une capacité éprouvée à s'adapter à l'évolution constante du marché de l'internet.

En ces temps de disette, il est tout sauf évident, pour les collaborateurs du cabinet Ernst & Young chargés de sélectionner cinq candidats charismatiques au prix d'Entreprise de l'année, de dénicher des sociétés chez qui la croissance ne se dément pas, d'année en année.

Le parcours financier de Proximedia illustre toutefois le parfait contre-pied de ce constat, puisque ce prestataire bruxellois de services liés à l'internet vient tout juste de publier des résultats semestriels en progrès de plus de 50% par rapport à la période comparable de l'exercice précédent, et qu'il s'agit en l'espèce de son vingt-deuxième semestre consécutif de croissance, crise ou pas. La « success story » a d'autant plus de peps qu'en réalité, cette entreprise créée durant l'été 1998 n'a jamais connu d'autre ordinaire: elle a réussi l'exploit de croître sans discontinuer depuis sa constitution, passant en l'espace d'un peu plus d'une décennie de zéro à 40 millions d'euros de ventes et prestations (attendues en 2009) et de 2 à 350 collaborateurs. Et ce n'est pas fini, assure son patron et co-fondateur, Fabrice Wuyts, qui n'est pas connu pour tirer en vain des plans sur la comète.

Proximedia s'est spécialisée dans la création - et la prestation de services connexes - de sites internet pour les PME et indépendants. Activités étendues, au fil de la création ou du rachat de ses différentes filiales, aux grands comptes, à la vidéo d'entreprise sur internet ou encore, tout récemment, au créneau spécifique de l'optimisation du référencement sur internet. Un modèle qui tire son épingle du jeu en période de crise. «C'est le cas en ce qui nous concerne. Les PME sabrent dans leurs budgets publicitaires, mais elles doivent pourtant continuer à attirer les clients. Notre rôle consiste à les convaincre que le web n'est pas forcément la solution la plus onéreuse», explique Wuyts.

Opportunité de marché

La naissance de Proximedia constitue la conclusion concrète d'un débat entre Wuyts et son associé, Eric Glachant. C'est en quelque sorte leur réponse commune aux questions « à quel avenir des supports publicitaires en papier tout puissants comme les Pages d'Or sont-ils destinés et quelle sera la part d'internet à terme ? ».

Wuyts, qui exerçait à l'époque une fonction dirigeante au sein de la société de télésurveillance CIPE, avait été interloqué du coût élevé du site internet que celle-ci s'était fait faire pour un résultat médiocre. « Les PME et les indépendants, qui par nature exploitent mal les possibilités qu'offre le web et chez qui tout était à faire, furent d'emblée nos cibles de prédilection. Nous nous sommes d'abord lancés dans la création de sites statiques, en essayant de modéliser le concept: présentation, formulaire de contact..., en nous occupant selon les désirs de tout ou seulement d'une partie du travail. L'idée était d'offrir à cette clientèle un service correct pour un budget qui leur permette de se l'offrir en plus que les incontournables Pages d'Or .»

L'idée a fait des petits, le catalogue de services s'est progressivement développé, les sites sont devenus dynamiques. Parallèlement a sonné l'heure de l'internationalisation, en France avec plus ou moins de bonheur, puis aux Pays-Bas et même, depuis peu, aux Etats-Unis par le biais de la filiale Bezoom, créée en 2007 avec un ami, l'ex-journaliste de la RTBF Thierry de Bock, pour exploiter le créneau des vidéos d'entreprise sur internet. Cette entité connaît une expansion fulgurante: au cours du semestre écoulé, elle a assuré le quart des revenus du groupe.

Mais bien avant 2007, d'autres diversifications avaient eu lieu, vers les grands comptes, notamment. Le plus souvent par voie de création, mais parfois par acquisition, comme pour la firme liégeoise Globule Bleu. Cette croissance ininterrompue place aujourd'hui Proximedia à la «pole position» des agences web sur le marché national. Et son introduction sur le Marché libre bruxellois, mi-2005, où elle fait un peu figure d'élève modèle, a encore participé à asseoir sa notoriété.

La part du public dans son capital reste toutefois pour l'heure cantonnée à 12%, en ce compris les titres détenus par le personnel. Au 31 décembre dernier, le holding Cyber Media Group (Wuyts/Glachant) contrôlait 63%, Fabrice Wuyts à titre privé 16% et la Banque Degroof 9%.

3 questions à Fabrice Wuyts Fondateur, co-actionnaire majoritaire et administrateur délégué de Proximedia

Qu'est-ce qui, selon vous, vous distingue de la concurrence ?

Notre modèle d'abonnement sur quatre ans, quel que soit le service. Il est avantageux pour le client dans la mesure où il ne requiert pas d'investissement de départ et que la dépense est étalée sur une durée qui favorise la prestation de services convenables, que nous nous engageons à améliorer graduellement. En outre, nous optons pour une formule souple qui permet les «upgrades» et autres modifications pour un coût relativement raisonnable.

Une croissance à deux chiffres comme celle qui vous caractérise n'est pas soutenable indéfiniment. Quelles sont vos limites ?

Le second de nos atouts-clés, c'est notre capacité à innover et à nous adapter à l'évolution constante et rapide du marché de l'internet. La création de Bezoom, en 2007, puis celle de BeUp, en mai dernier, procèdent du raisonnement. Bezoom est un coup dans le mille, qui «booste» déjà nos performances, et BeUp, qui a pour mission d'optimiser le référencement de ses clients sur internet, cartonne déjà. Pour moi, c'est un Bezoom à la puissance 1,5. Tant que ces deux moteurs de croissance resteront en phase pionnière, et que le groupe se montrera capable de continuer à sortir ce type de produit innovant tous les deux ans, il n'y aura pas trop de souci à se faire pour notre rythme d'expansion, je pense.

Et le futur, c'est quoi ?

Ce ne sont vraiment pas les défis qui manquent dans ce secteur. Quel sera l'avenir des PC ? Se présenteront-ils bientôt comme une sorte de feuille de papier ? Et on est loin, très loin, d'avoir fait le tour des GSM, smartphones et autres moyens de communication. Les nouvelles générations de produits ouvriront certainement des applications dans lesquelles nous ne manquerons pas de nous engouffrer.

Fabian Lacasse


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