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Victime de la crise, Archimède sollicite le concordat judiciaire
13/10/2008  – L'Echo 11/10/08

La société Archimède & Cie, cotée sur le Marché libre depuis environ deux ans, a déposé une demande de concordat auprès du tribunal de commerce de Nivelles. Le juge devrait rendre sa décision au début de la semaine prochaine.

Le créateur et distributeur de vêtements pour enfants, à qui l'on doit notamment le concept original du maillot bouée, motive sa décision par les conditions désastreuses que l'on connaît ces derniers mois sur le marché des capitaux.

Sa direction déplore avant tout l'échec d'un projet d'augmentation de capital de l'ordre de 1,5 à 2 millions initialement programmé en juin dernier.

«Depuis juin, la transaction n'avait cessé d'être reportée, compte tenu des conditions de marché. Le retrait de l'un des investisseurs qui s'était engagé à apporter un million d'euros a provoqué celui de deux autres, censés injecter ensemble 0,5 million. Nous en sommes donc réduits à nous contenter du montant de 0,5 million d'euros que nous avons amené, via notre holding Khéops », explique Olivier Bottequin, qui à la fois dirige la société et représente son actionnaire de référence.

L'augmentation de capital pressentie s'intégrait dans le cadre de la reprise de la marque Bienvenue sur Terre, précise-t-il. Les fonds qui auraient été levés devaient permettre, selon lui, à Archimède de pouvoir faire face aux besoins de trésorerie liés aux efforts de relance de la marque et au financement des stocks.

«Non seulement ce retrait met en péril la survie de l'entreprise occupant directement une vingtaine de personnes, et indirectement plus de vingt-cinq, mais il oblige celle-ci à une restructuration en profondeur pour pouvoir continuer son activité, ou à trouver un nouvel investisseur pour remplacer l'investisseur défaillant », concède encore la société de Saintes.

Ajoutez à cela que, crise oblige, les banques ont serré le robinet du crédit à Archimède.

Pour Bottequin, tout n'est pas perdu, mais des négociations sereines ne peuvent intervenir que dans le cadre d'un concordat judiciaire. « Notre apport en propre prouve que l'on y croit ; il nous apparaît toutefois que la meilleure manière d'opérer, tant pour mener la restructuration nécessaire que pour dénicher l'investisseur remplaçant, requiert le recours à la procédure de protection à l'égard des fournisseurs. Pour l'heure, personne ne nous a assignés pour exiger un paiement immédiat, mais le risque est réel ».

Le dirigeant évoque ouvertement sa frustration devant une situation qui ne pouvait en principe que s'améliorer.

«L'ouverture d'un nouveau magasin en partenariat était prévue pour le début du mois de novembre, tandis que la marque Bienvenue sur Terre allait seulement commencer à apporter sa contribution au chiffre d'affaires sur l'exercice en cours », affirme-t-il. La société est suspendue à la décision du tribunal de commerce.

Fabian Lacasse