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Bousculé, Option Trading renvoie tout le monde
10/10/2008  – L'Echo 10/10/08
L'ouragan qui balaie actuellement le paysage banco-boursier risque de s'avérer dévastateur pour les esquifs les plus frêles. On en a eu une illustration jeudi à Bruxelles avec l'annonce, par l'arbitragiste boursier Option Trading Company (OTC), d'une réduction drastique de sa voilure «en attendant des temps meilleurs».

Championne toutes catégories de la progression boursière sur Euronext Brussels en 2007, cette PME de six personnes a paré au plus pressé en licenciant tous ses traders d'un seul coup, soit cinq personnes ou deux tiers des effectifs opérationnels. Seuls restent à bord les fondateurs, dirigeants et principaux actionnaires, Pascal Vlaminck et Alexandre Franco.

Ce dernier justifie la consternante mesure par le lourd déficit essuyé par l'entreprise au troisième trimestre, dans un contexte de marchés financiers «totalement imprévisible et chaotique». L'interdiction de vendre à découvert des valeurs vedettes de l'indice Bel 20 a également eu une incidence considérable sur ses comptes périodiques.

Au total, une perte de trading d'environ 0,66 million d'euros a ainsi été encourue au 3è trimestre, qui engloutit les gains réalisés au cours du premier semestre. Du jamais vu chez OTC.

Ses patrons se montrent plutôt avares en commentaires. Entre les lignes, toutefois, ils rejettent la faute sur des traders «peut-être insuffisamment formés» pour affronter les situations exceptionnelles qui prévalent actuellement. «Jour après jour, nos collaborateurs accumulaient les pertes, nous étions les seuls à afficher des positions bénéficiaires. Devant l'urgence, nous sommes convenus d'en revenir au tandem qui a si bien fonctionné entre 2000 et 2005», précise en substance l'administrateur délégué.

OTC fait également une croix sur ses projets, désormais superflus, de déménagement. Un mouvement envisagé pour cause d'étroitesse des locaux actuels. Avec une structure de coûts minimalisée à l'extrême, la société est convaincue de pouvoir envisager plus sereinement l'avenir. «Pour la suite, on verra quand la tempête sera calmée», avance prudemment Franco. Hier encore vanté pour le rythme soutenu de sa croissance, l'arbitragiste aura sans doute fort à faire pour restaurer son image. Introduite à 5,5 euros en mai 2006, l'action OTC a touché un sommet de 24,5 euros un peu plus d'un an plus tard. Mercredi, elle s'est négociée à 7,25 euros dans un volume significatif.

Fabian Lacasse