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Kaupthing Bank se porte très bien, merci!
10/04/2008  – L'Echo 10/04/08
Les spéculations sur le marché des CDS ne reflètent pas sa santé financière, dit son patron.
Kaupthing Bank ne va pas subir le même sort que Northern Rock.

La banque islandaise, présente dans notre Royaume depuis octobre 2007 avec le rachat de Robeco Belgium, a fait beaucoup parler d'elle depuis un mois, involontairement. Les déboires de la couronne islandaise, qui a perdu près de 20% face à l'euro depuis janvier, ont mis l'accent sur l'intense spéculation sur le marché des credit default swaps (CDS) autour de l'institution financière. La prime de risque de ces instruments permettant au détenteur d'une dette de se protéger contre le défaut de l'émetteur d'une obligation suggérait récemment que la banque avait 58% de chance de faire faillite.

Toutefois, ses dirigeants ont voulu rassurer les investisseurs quant à la solvabilité de leur entreprise. Stefan Richter, directeur de la filiale belge de Kauphting, et Heirdar Mar Sigurdsson, CEO, écartent tout risque de faillite imminente.

«Dans un marché qui fonctionne normalement, il existe un lien entre le risque de défaut d'une société et les spreads des CDS. Mais dans le cas présent, ce marché ne signifie plus grand chose alors que nombre d'acteurs se dégagent de ces instruments pour revenir en liquidités», relève Stefan Richter. «Kaupthing Bank dispose de suffisamment de liquidités pour ne pas devoir s'adresser aux marchés financiers pendant un an. Nous ne sommes pas affectés par la chute des marchés» précise-t-il.

Montrer patte blanche

Stefan Richter et Heirdar Mar Sigurdsson ne veulent pas jouer les Pangloss. «Kaupthing Bank a demandé à l'agence de notation Moody's de conduire un stress test sur le portefeuille d'emprunts de la société, le soumettant à différents scénarios de défaut, et il en ressort que la banque peut faire face à des pressions à la baisse substantielles», commente Stefan Richter.

Afin de se prémunir de la volatilité de la couronne islandaise, la banque a commencé en 2007 à adopter l'euro comme monnaie de cotation boursière et comme devise fonctionnelle dans ses comptes. «Nous avons pu réaliser un profit de près d'un milliard d'euros au premier trimestre de cette année grâce à cette technique de hedging, les autres banques ne peuvent pas en dire autant», relève Hreidar Mar Sigurdsson. La banque peut aussi s'appuyer sur de solides fondamentaux. En 2007, elle a publié un retour sur fonds propres (ROE) de 23,5% et une solvabilité sur fonds propres (Ratio Tier 1) de 9,6%. A titre de comparaison, une institution comme Fortis affichait un ROE de 17,1% et un ration Tier 1 de 8,6% pour la même période.

L'aide des marchés d'actions

«Le seul élément négatif pour Kaupthing Bank actuellement réside dans le marché des CDS. Du côté des marchés d'actions,les investisseurs ont constaté que nous ne rencontrons pas de problèmes avec l'émission d'emprunts, que nous pouvons augmenter notre capital plus que ce que prétend le marché des CDS», affirme Hreidar Mar Sigurdsson. «Nous faisons face à un problème purement technique et temporaire, lié à un décalage entre l'offre et la demande sur le marché des obligations. Nous espérons que le sentiment va tourner», précise-t-il. De fait, le cours de l'action Kaupthing a connu un creux entre novembre et janvier, mais depuis le début de l'année, il affiche un recul limité de 1,82%. Par rapport à des banques réellement impliquées dans la crise des subprimes américains, cette évolution est remarquable. Citigroup a perdu plus de 18%, Merrill Lynch et Morgan Stanley plus de 13% sur la période.

Le CEO de Kaupthing admet toutefois avoir subi une perte de 200 millions d'euros l'an dernier suite au rebalancement du portefeuille d'actifs de la société, suite à la vente de la partie crédits structurés. «Nous ne sommes affectés qu'indirectement par la crise du crédit actuelle», souligne-t-il. A l'entendre, les conditions de marché vont rester difficiles durant toute cette année et ne prévoit pas d'émissions obligataires pour le moment .

Jennifer Nille