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EXCLU - Kaupthing (ex-Robeco Belgium) pressenti pour rendre du tonus au Marché libre
07/03/2008  – L'Echo 07/03/08
Le groupe bancaire islandais viendra contester un monopole de fait: depuis la disparition de Mélice & Cie, et en l'absence de Maisons de Bourse sérieusement intéressées par les micro-capitalisations, le Brugeois Weghsteen & Driege faisait jusqu'ici figure d'incontournable.

Un monopole de fait vacille. Celui dont bénéficiait jusqu’il y a peu la société de Bourse Weghsteen & Driege sur le Marché libre d’Euronext Bruxelles.
Seulement voilà, ces derniers mois, elles se sont sensiblement détériorées, les relations que la firme brugeoise entretient avec Small Caps Finance (SCF), l’intermédiaire qui a amené une large majorité des PME cotées sur ce segment. Quelques-unes des sociétés concernées avouent également avoir pris leurs distances avec l’agent de change.

Mais depuis la disparition de Mélice & Cie, et en l’absence de Maisons de Bourse sérieusement intéressées par le Marché libre, Weghsteen faisait jusqu’ici figure d’incontournable.

C’était sans compter avec l’opiniâtreté de Bernardo Ruzziconi, le patron de SCF, qui est parvenu à convaincre les dirigeants de Kaupthing Bank Belgium de l’épauler dorénavant sur ce genre de dossiers.

« Le Marché libre ou Alternext sont des outils qui s’offrent de manière naturelle à notre public-cible, les entrepreneurs. Nous avons jugé qu’il y avait peut-être là une opportunité pour nous d’offrir une gamme de services adéquats aux entreprises souhaitant avancer dans cette direction », commente son directeur général, Stéphane Richter.

Plusieurs circonstances ont provoqué cette prise de position.

« D’une part le fait qu’Euronext cherche des acteurs pour animer ces marchés, et d’autre part celui que SCF, à qui nous avions été présenté, joue un rôle majeur dans la pièce ».

Kaupthing est une banque d’origine islandaise qui s’est considérablement développée par le biais d’acquisitions en Scandinavie ou en Grande-Bretagne, et qui occupe aujourd’hui 4.000 personnes ; en octobre dernier, elle s’est signalée à l’attention du monde financier belge, suite à la reprise de Robeco Bank Belgium par sa filiale luxembourgeoise (lire « L’Echo » du 12 octobre 2007). C’est précisément cette entité, rebaptisée Kaupthing Bank Belgium et spécialisée dans le « private banking » et l’ « asset management », qui est appelée à contester le leadership de Weghsteen.

Dans les faits, elle risque de se retrouver rapidement dans le bain, puisqu’elle sera probablement partie prenante dans le dossier du promoteur immobilier Tetrys, dont le prospectus d’IPO est actuellement examiné par la Commission Bancaire, Financière et des Assurances. Et ce en dépit du fait qu’elle n’a pas encore le statut de membre d’Euronext. « La procédure d’adhésion est en cours, mais de toute façon, ce n’est pas un facteur bloquant », observe le dirigeant.

Rappelons que Tetrys est une filiale nouvellement constituée du marchand de biens SV Patrimonia, lui-même coté sur le Marché libre (« L’Echo » des 5 septembre et 12 décembre 2007). Ce n’est, à en croire Ruzziconi, qu’un « premier dossier qui en appelle d’autres ».

Pas d’exclusive
Pas question pour autant pour Kaupthing de se contenter des dossiers amenés par d’autres, ou de limiter sa collaboration à un seul intermédiaire.

« Nous sommes ouverts à tous les intervenants, même si nous éprouvons beaucoup de sympathie pour Bernardo Ruzziconi et son équipe. Pour ce qui concerne nos propres dossiers, nous pratiquons une politique volontariste de développement et d’accompagnement de la clientèle dans son propre développement. Cela dit, le département concerné ne se verra pas non plus contraint de produire annuellement un nombre minimal d’IPO », assure Stéphane Richter.

Fabian Lacasse