Une Sicafi rejoindra-t-elle le Marché libre avant la fin de ce semestre ?
Pas impossible. Enfin, si l’on veut… car si c’est clairement à une société d’investissement immobilier que s’apparente Antigoon Invest, une distinction fondamentale s’opère sur la question du dividende. Ce petit holding anversois exploite en fait un filon très original, en ce qu’il rachète, gère et valorise des participations dans des sociétés patrimoniales. L’idée de ses fondateurs, Eric Bogaerts et Luc Van Weert, est en réalité assez simple : se porter acquéreur de biens pour lesquels personne ne se bouscule au portillon.
« Antigoon cherche à tirer parti d’une situation fiscale belgo-belge qui a amené un moment de nombreuses familles à placer leur patrimoine immobilier dans une société.
Or si le système présente d’incontestables avantages, il a aussi des inconvénients, dont le moindre n’est certainement pas la taxation des plus-values réalisées par la société lors de la vente de la maison », explique Barbara Reypens, qui gère le dossier boursier pour l’intermédiaire Small Caps Finance.
Une solution à ce problème consisterait bien à céder la société, mais la crainte de découvrir des cadavres dans les placards éloigne les acheteurs potentiels.
"Ce déséquilibre entre offre et demande permet à Antigone d’acquérir à bon prix les actions de sociétés dont les propriétaires, tout contents d’identifier enfin un candidat sérieux, ne se montrent pas trop regardants sur le prix qui leur est proposé", complète la responsable.
A ce stade, sept sociétés patrimoniales garnissent le portefeuille d’Antigoon. Mais ses actionnaires voudraient accélérer le mouvement. Les fonds nécessaires à assouvir leur appétit, c’est sur le Marché libre qu’ils espèrent les trouver. En principe avant la fin de ce semestre. « L’objectif de l’offre publique initiale serait de lever jusqu’à 1,5 million d’euros », précise Barbara Reypens. Pour les besoins de l’augmentation de capital, Antigoon serait valorisée à un niveau proche de celui de son actif net, qui atteignait 6,5 millions d’euros au 31 décembre dernier.
Le renforcement des fonds propres faciliterait naturellement les relations d’Antigoon avec ses banquiers et générerait un effet de levier sur le cash-flow. Actuellement, le chiffre d’affaires – constitué des revenus locatifs - est complètement englouti dans le remboursement des crédits. Il s’est élevé l’an dernier à 0,65 million d’euros.
« Le résultat net frôle l’équilibre, mais cette mesure n’est guère pertinente pour apprécier la performance de l’entreprise. On lui préfère les plus-values sous-jacentes des actifs. Les propriétaires visent une croissance annuelle récurrente de 20% », souligne-t-elle.
Ils n’envisagent pas en revanche de sacrifier au versement de dividendes, jugeant avoir de meilleures affectations pour leurs capitaux.
Fabian Lacasse

















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