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Le plan de sauvetage du Val Saint Lambert est sur les rails
01/10/2008  – L'Echo 01/10/08

Les actionnaires de VSLI ne doivent en revanche guère se bercer d'illusions…
Les 58 travailleurs du Val Saint Lambert respirent. Sous réserve d'homologation par le tribunal de commerce de Liège et de l'adhésion des principaux créanciers, la vieille cristallerie sérésienne dont l'histoire est jalonnée de drames est une fois de plus sauvée.

La direction de l'entreprise, qui avait fait aveu de faillite le 8 août dernier, a réuni ses collaborateurs mardi pour leur exposer l'accord négocié la veille avec les curateurs - dont la mission s'achevait ce 30 septembre - et le candidat repreneur.

Celui-ci, une société en cours de constitution baptisée Val Saint Lambert Industrie, est dirigé par l'homme d'affaires liégeois Pierre Grivegnée qui, via la société Immoval, pilote déjà un projet immobilier et de centre de loisirs à côté de l'usine.

Concrètement, l'offre de reprise approuvée par le conseil d'administration de Val Saint Lambert International (VSLI), le véhicule coté qui détient la cristallerie, la marque, les stocks et les boutiques de Seraing, Bruxelles et Paris, revient à vider celui-ci de sa substance. VSLI a en effet fini par accepter d'abandonner la totalité de ses actifs aux curateurs pour que le plan de sauvetage ait une chance d'aboutir. Depuis le dépôt de bilan, le principal écueil à la reprise résidait dans la distinction qui subsistait entre l'actif industriel et la propriété juridique de la marque. «Une reprise après l'arrêt de l'outil de production et le licenciement du personnel aurait été plus difficile et plus lente à concrétiser. La valeur de la marque se serait également affaiblie en raison de l'arrêt des livraisons aux clients », se justifie Sylvie Henquin, patronne de VSLI.

Aucune interruption d'activité n'interviendra, puisqu'il est prévu que le repreneur soit sur le pont dès ce mercredi 1er octobre.

Pour l'heure, Pierre Grivegnée juge prématuré de s'exprimer.

On sait cependant que l'accord négocié par la curatelle prévoit la cession de la totalité du site et, initialement du moins, le maintien au travail de l'ensemble des travailleurs.

Autre précision, les quelque 5 millions d'euros investis pour le rachat des actifs à la curatelle et les investissements du plan industriel émanent du seul secteur privé.

Il semblerait par contre que le repreneur ne désire pas racheter les magasins de Bruxelles et Paris, qui seront donc valorisés séparément. Il faut encore noter qu'outre l'homologation par le tribunal de commerce de l'accord conclu entre la curatelle et Henquin, la reprise est aussi conditionnée à l'approbation des créanciers de la cristallerie, dont le principal est la banque ING.

VSLI Vers la liquidation

Pour ce qui concerne VSLI, c'est donc, contrairement à ce qui avait été initialement déclaré, une proposition de liquidation qui sera soumise au vote des actionnaires lors de l'assemblée générale extraordinaire du 6 octobre. Ceux-ci ne doivent guère se bercer d'illusions, car si la cession des actifs est susceptible de générer les recettes suffisantes pour couvrir les dettes existantes, il est d'ores et déjà acquis qu'il ne restera rien pour les détenteurs de titres.

Rappelons qu'en décembre 2005, l'action VSLI avait été offerte à la souscription publique au prix de 5,68 euros. Les fonds levés dans le cadre de cette mise en Bourse avaient pour objet le rachat de la prestigieuse marque Val Saint Lambert, ainsi que l'ouverture de boutiques à Bruxelles et dans les plus grandes capitales mondiales du luxe, comme Paris, Tokyo, New York, Londres, Milan, Dubaï et bien d'autres.

Mais les caisses s'étaient retrouvées vidées après la première opération, et le rêve avait rapidement tourné au cauchemar.

Pour le Marché libre bruxellois, il s'agit du deuxième naufrage, après celui du modiste ZNJ.

Fabian Lacasse avec Belga