La télémédecine est régulièrement présentée comme une réponse adéquate au déficit structurel de notre sécurité sociale.
Elle permet en effet, grâce à une infrastructure informatique adaptée composée de logiciels, de serveurs et d'appareils de mesure, de «suivre» les patients à distance, au jour le jour. Prévention, diagnostic et, le cas échéant, interventions à domicile constituent les ingrédients d'une recette qui pourrait être amenée à faire ses preuves au cours des prochaines années.
Les fondateurs de la firme bruxelloise Vitalsys ne doutent en tout cas pas de l'émergence d'un tel scénario, eux qui se sont engouffrés dans le créneau dès 2002 et revendiquent aujourd'hui le leadership national du secteur. Mais ça ne leur suffit pas, car dans les pays limitrophes, ce ne sont plus des PME mais d'authentiques multinationales qui lorgnent le gâteau. Aux Etats-Unis et en Israël, pays où la privatisation des soins est la plus poussée, les principaux acteurs sont même cotés en Bourse. De quoi donner des idées: confrontés au défi d'accélérer le rythme d'une croissance pourtant déjà soutenue mais financièrement limités, les dirigeants de Vitalsys viennent eux aussi d'opter pour la voie boursière. A une échelle plus modeste, toutefois, celle du Marché libre.
Forte d'un effectif de huit collaborateurs - deux ou trois embauches sont programmées avant la fin de l'année -, Vitalsys a engrangé l'an dernier des ventes et prestations pour 0,47 million d'euros pour un résultat à l'équilibre. Cette année, elle vise 0,79 million, un «petit» profit et un cash-flow de 0,15 million. Pour 2008, la barre est fixée à respectivement 1,4 million et 0,07 million (lire encadré).
Le «trading» de matériel (appareils de mesure) représente environ 40% de ses revenus et, accessoirement, «des marges intéressantes». Le solde provient des services (développement de logiciels dédiés, gestion des serveurs qui absorbent les données…)
«Dans la pratique, explique son patron Diederick Geerinckx, le patient télémédicalisé est doté d'appareils de mesures de paramètres vitaux: tension artérielle, poids, glucose… Chaque prise est transmise à nos serveurs, par l'intermédiaire d'un moyen de communication de type GSM, puis analysée. Les rapports ou alertes sont ensuite réorientés vers le médecin, l'infirmière ou la famille, par exemple.»
Ce jeune ingénieur commercial détient avec son médecin de père, le docteur Paul Geerinckx, 75% du capital de la société, fixé à 0,42 million d'euros au terme d'une récente augmentation de capital. La part de leur associé, Jean-Marie Bostvironois, s'élève à 15% et le solde, soit 10%, est aux mains de leur partenaire financier, le fonds Brustart de l'invest régional SRIB.
Puissante clientèle
L'industrie pharmaceutique et les compagnies d'assurances constituent sa clientèle de prédilection.
«La majorité de nos contrats actuels provient de l'industrie, qui nous commande des projets pour la réalisation d'études cliniques qu'elle met ensuite à disposition du corps médical. Cette activité est donc relativement aléatoire et cyclique, car c'est toujours en fin d'année que les budgets sont disponibles. Le secteur des assurances - publiques mais surtout privées - recèle à mon sens davantage de potentiel, car les services liés à la télémédecine sont pour lui une nouvelle source de revenus. En outre, cela générera à terme de sérieuses économies pour leurs départements vie, puisqu'il est notoire qu'une bonne prévention réduit les statistiques de morbidité et de décès», juge Geerinckx.
Fabian Lacasse - L'Echo

















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